Rapport annuel de la présidence 1946-1947

Paul Collart, président
9 décembre 1947

 

Mesdames et Messieurs,

Cette année encore les circonstances ne nous ont pas permis de fixer la date de notre Assemblée générale dans les délais prévus dans nos statuts. Nous espérons néanmoins que vous ne nous en garderez pas rigueur alors même que la semaine de l’Escalade soit en général mieux faite pour les fêtes et les banquets que pour les choses sérieuses. L’an prochain, nous ne manquerons pas de vous convoquer avec plus d’exactitude.

Mais, Mesdames et Messieurs, nous nous excusons surtout des rigueurs de cet usage issues des lois et traditions qui nous régissent et qui obligent, souvent contre son gré, un président de société, qu’elle soit savante ou artistique, d’histoire ou de géographie, ou simplement académique comme la nôtre, de faire à propos d’une assemblée dite générale et qui la plupart du temps l’est fort peu, un long rapport, toujours très documenté, mais souvent ennuyeux à entendre. Au reste, pour faire passer le mauvais moment, l’on fait appel à des conférenciers qui heureusement viennent sitôt après régaler l’auditoire par l‘intérêt de leur exposé.

Et, à ce propos, vous vous souvenez que, lors de notre dernière Assemblée générale, tenue à l’Aula de l’Université, nous avons eu le privilège d’entendre M. le Conseiller national Adrien Lachenal et M. Antony Babel, ancien recteur, nous entretenir d’un sujet qui vous tient particulièrement à cœur et qui avait pour titre « l’Université est-elle en danger ? »

Ces brillants plaidoyers, clairs, spirituels, parfois même mordants, mais toujours objectifs, ont permis à notre population genevoise d’être exactement renseignée sur les besoins de nos universités cantonales et sur la nécessité de les doter de moyens suffisants pour remplir leur tâche toujours plus importante. Il convenait de mettre nos Autorités et les Députés aux Chambres fédérales devant leurs responsabilités. Il n’est en effet pas concevable que seule l’Ecole polytechnique fédérale jouisse des crédits illimités de la Confédération et par là même que l’on institue un monopole de fait dont auront certainement à souffrir les universités cantonales un jour ou l’autre.

Les discours de MM. Adrien Lachenal et Antony Babel ont été imprimés et heureusement nous avons pu contribuer à leur diffusion. Tous nos membres ont reçu cette très intéressante brochure. M.  le Conseiller FédéraI Etter n’a pas répondu à M. Lachenal d’une manière qui puisse nous donner satisfaction. La question reste donc entière. Il appartient à des organisations comme la nôtre de suivre de très près ces problèmes et en particulier d’apporter notre appui sans réserve à ceux dont dépend le développement harmonieux de nos hautes écoles.

La Société Académique peut et doit jouer son rôle de gardienne vigilante des droits de notre Université et nous vous savons prêts à nous aider dans cette tâche en toute occasion. Aussi bien, votre Comité vous associe-t-il à ses travaux et c’est le but essentiel de ce rapport que de vous donner un aperçu de son activité.

Avant toutes choses, nous vous demandons de contribuer à nos efforts en suscitant autour de vous de nouvelles admissions. Cette année encore, les décès et les démissions sont loin d’être compensés par les adhésions de membres nouveaux. En sorte que nos effectifs ont une légère tendance à diminuer.

Nous vous rappelons les noms de ceux que la mort nous a ravis durant le cours de notre dernière année : MM. Pierre Buchel, Dr Jean Golay, Professeur Raoul de Seigneux, Paul van Berchem, Paul Pictet, Professeur Hugo de Claparède, Professeur Charles Bally, Paul Addor, Edouard Lacroix, Léon Martin, Dr Henry Pierrier, Professeur André Oltramare, Dr Rudolf Bindschedler, Gabriel Odier, Mmes Jacques Lebedensky et Emilie Gautier. Tous étaient profondément attachés à notre Société et beaucoup d’entre eux ont illustré notre Université par leur enseignement. Nous n’oublierons pas tout ce qu’ils on fait pour elle directement ou indirectement. Nous leur conservons un souvenir reconnaissant et nous adressons à leur famille l’expression de notre sympathie.

Suivant l’état de nos ressources, que nous aimerions naturellement toujours plus importantes, nous avons répondu aux demandes que les différentes facultés nous ont adressées.

Nous pensons vous intéresser en vous donnant brièvement la liste de nos divers subsides.

Pour la Faculté ile Médecine : Nous avons accordé, et per avant son décès, à M. le professeur de Seigneux, une modeste et dernière subvention pour lui faciliter ses travaux d’anatomie artificielle qui ont rendu de si grands services.

Sur la demande du professeur Jentzer et du professeur Franceschetti, nous avons pu fournir un appareil précieux qui faisait défaut à la Clinique ophtalmologique. Dorénavant, notre institut se trouvera doté d’un localisateur qui permet d’extirper de l’oeil des corps étrangers par un système électrique et acoustique.

Le Laboratoire dc neuro-pathologie, que dirige M. Ie professeur de Morsier, a pu, grâce à nous, acquérir un microscope binoculaire de Leitz qu’il était impossible de se procurer pendant la guerre.

D’autre part, nous avons remis au professeur Maurice Roch, directeur de la Clinique médicale, un crédit pour l’achat d’un négatoscope, appareil destiné aux démonstrations de radiographies devant les étudiants.

La Faculté de Théologie, de son côté, a continué à bénéficier d’une subvention importante et dont elle a grandement besoin. Nous vous rappelons que notre contribution est destinée à la chaire d’histoire : des religions.

Pour la Faculté de Droit, nous avons été heureux de pouvoir cette année faire quelque chose. Répondant à une demande de M. le doyen Batelli, notre société n’a pas hésité à lui remettre un subside qui a été le bienvenu et qui a été utilisé pour les besoins divers de la Faculté, sa bibliothèque, tout particulièrement.

La Faculté des Sciences, n’est jamais oubliée. Cette année, M. le professeur Chodat, nous a exposé la nécessité dans laquelle se trouvait le Laboratoire de microbiologie et fermentation de l’Institut de botanique générale de procéder à l’acquisition d’une grande étuve permettant des expériences en série.

L’appareil était coûteux et notre concours financier a facilité grandement cet achat.

Sur la demande de Ia Faculté des Lettres nous avons remis une seconde annuité prévue pour le « Museum Helveticum ».

A titre exceptionnel et pour montrer tout l’intérêt que nous portons à son action, nous avons alloué une certaine somme à l’Université ouvrière de Genève.

Répondant à une demande de M. le recteur Paul-Edmond Martin, nous avons accordé une subvention destinée à compléter le Catalogue collectif des bibliothèques genevoises. Ce catalogue, dont la mise à jour avait été interrompue du fait de la guerre, est d’un grand intérêt pour les institutions universitaires et pour plusieurs facultés. Le travail put être confié à Melle marie Martin, diplômée de l’Ecole de bibliothécaires et Mlle Marie-Madeleine Riser, élève de l’Ecole.

Enfin, notre Société a participé à la Bourse GaIlatin, qui est de nouveau mise à contribution depuis la fin de la guerre. En effet, la reprise des relations internationales a permis d’organiser à nouveau des échanges d’étudiants entre la Suisse et l’Amérique et la Bourse Gallatin a été instituée dans ce but.

Par cette énumération dc nos subventions ct dons, vous voyez que nos revenus ont été utilement employés. Nous ne regrettons qu’une chose, c’est de ne pouvoir répondre encore mieux à toutes les demandes qui nous parviennent.

Nous le pourrons le jour où il nous sera possible de compter sur un plus grand nombre de membres et lorsque notre fortune, s’augmentant chaque année de dons et legs, constituera un capital suffisant.

Une autre tâche de votre Comité est de gérer les fonds divers dont nous avons la garde.

Le plus récent de ces fonds est celui intitulé : Fonds pour les études classiques et orientales (Boissier, Naville, van Berchem). Nous avons eu l’occasion l’an dernier de vous exposer l’intérêt qu’il y avait pour Genève de pouvoir envoyer des étudiants, privat-docents ou professeurs, bénéficier des facilités qui nous sont ou seront offertes et dont nous ne profitons pas. L’Ecole d’Athènes met à disposition de la Suisse une place qui n’a été que trop rarement occupée ; elle est par notre carence laissée vide depuis longtemps. La villa Maraini à Rome va bientôt, espérons-le, ouvrir ses portes. L’Ecole du Caire accueillerait aussi très volontiers nos jeunes savants.

Il n’est pas concevable que nous restions inactifs et si nos Autorités n’ont pas encore compris tout  l’intérêt qu’il y a pour le pays à profiter de toutes les occasions pour encourager la formation de notre élite intellectuelle, il nous appartient à nous, Genevois, de susciter un courant d’opinion en faveur des études classiques (qu’il s’agisse de lettres, d’histoire, d’archéologie). Combien serait plus fécond et instructif l’enseignement d’un maître de notre Collège ou d’un professeur de notre Université, s’il avait pu s’enrichir d’expériences personnelles à Athènes, Rome ou au Caire.

Le Fonds des Etudes classiques est destiné à accorder des bourses de voyages et d’études dans ce but. Il a été constitué par les dons de ceux qui ont bien voulu répondre à notre appel de l’an dernier et que nous remercions ici tout particulièrement. Pour le rendre plus important nous l’avons fusionné avec le Fonds Agénor Boissier et nous avons nous-mêmes versé certaines sommes disponibles. Ce Fonds rappelle aussi la mémoire des grands savants genevois égyptologues et orientalistes, tels que les Edouard Naville, les Max van Berchem, qui doivent rester pour les générations actuelles et futures des exemples à suivre. Ces savants ont créé dans ces disciplines une tradition genevoise que nous nous devons de maintenir.

Après deux ans d’existence, notre fonds a déjà dépassé Fr. 25 000.- ; c’est un résultat encourageant.

Mais il ne faut pas en rester là et nous comptons que cette somme sera doublée rapidement pour que ce fonds puisse avoir une réelle utilité.

Les Fonds Gillet nous ont permis de subventionner comme jadis l’enseignement de l’histoire des religions à la Faculté autonome de théologie. D’autre part, Ia Commission du Fonds Gillet a distribué 3 prix de Fr. 400,- au Collège de Genève. Les bénéficiaires de ces prix furent MM. Raymond Foex, pour la section classique, Jean-Pierre Eggenberger, pour la section latine et Hans-Ruedi Meister pour la section scientifique.

Les lauréats nous ont fait parvenir le récit du voyage qu’ils ont lait grâce à la somme mise à leur disposition. La collection de ces récits manuscrits se trouve déposée, par nos soins, aux Archives du Collège de Genève.

La Linnaea. Le jardin et laboratoire alpin de Ia Linnaea fut comme de coutume surveillé et dirigé par M. le professeur Chodat, Directeur de l’Institut de botanique généra1e de Genève. Grâce à l’heureuse initiative de ce dernier et à son dévouement, le centre alpin de la Linnaea a pu cette année reprendre l’activité que les années de guerre avaient obligatoirement ralentie. Notre station alpine a accueilli successivement un congrès de botanistes français et suisses, un groupement d’étudiants de Ia Faculté des sciences. Il a reçu en outre la visite de l’Université ouvrière. C’est un total de près de 85 personnes qui, sous la direction du professeur Chodat, ont bénéficié des possibilités offertes par l’organisation que nous patronnons.

Il est réjouissant de constater, comme le dit M. Chodat, dans son rapport, que La Linnaea ait retrouvé pour la première fois son véritable sens de centre d’études internationales dans le domaine de la flore alpine.

C’est malheureusement précisément au moment où son utilité se manifeste le plus clairement, que nous avons reçu de la Confédération l’avis, que par mesure d’économie, elle n’entendait plus nous continuer sa subvention. Cette mesure risque de compromettre l’existence même de notre institution ; nous entendons recourir contre cette décision qui ne nous semble pas équitable. Si la Confédération avait appliqué ces mesures d’économie à tous, nous nous inclinerions, mais tel n’est certes pas le cas, beaucoup s’en faut ! Notre seul tort est de notre point rattachés à l’Ecole polytechnique fédérale, car nous croyons savoir que pour elle l’ère des subventions n’est pas encore terminée. Heureusement pour cette dernière ; mais alors pourquoi deux poids et deux mesures ?

Le Fonds Plantamour et le Fonds Archives n’ont pas eu cette année à intervenir.
Le Fond Moynier reste, lui aussi, en sommeil. Ses revenus sont trop faibles pour être distribués et il convient d’attendre qu’ait pu être reconstitué le fonds capital.
Le Fonds auxiliaire de la Bibliothèque publique et universitaire que préside M. Fred. Gardy, a permis d’enrichir notre Bibliothèque des ouvrages suivants : Blinkenberg et Kinch, Lindos, fouilles de 1902 à F. Capré, Catalogue des Chevaliers de l’ordre du Collier de Savoye. Sven Hedin, Southern Tibet, en 10 volumes. Pope, A Survey of Persian Art. Leonardo da Vinci, Codice sul volo degli uccelli.
Le Fonds Turrettini ne sera utilisé que l’an prochain pour le « Prix Turrettini » qui ne s’octroie que tous les deux ans.
Le Fonds Paul Moriaud est entré dans sa seconde année d’activité, mais il semble que, très rapidement, il se soit fait connaître de ceux, professeurs, privatdocents ou étudiants gradués, qui ont besoin d’un appui financier pour réaliser un travail scientifique souvent trop onéreux pour eux. Sur plusieurs demandes qui lui sont parvenues, le Comité de la Société Académique, sur le préavis de la Commission du Fonds, a décidé de remettre une somme de Fr. 1’000.- à M. L.-Frédéric Jaccard, privat-docent à la Faculté autonome de théologie, pour lui faciliter les recherches et les travaux préparatoires pour son ouvrage sur « Pascal » qui paraîtra prochainement.

Nous sommes heureux de pouvoir féliciter le lauréat du Fonds Paul Moriaud 1947. Le Dr P. Duchosal, le précédent lauréat, nous a remis un rapport des plus intéressants sur ses travaux présentés au Congrès pan-américain de cardiologie à Mexico. A ce propos, flous avons relevé que notre mission suisse n’avait pas pu obtenir des autorités les facilités désirées pour ce voyage. Un passeport diplomatique, qui fut refusé à Berne, eût permis au Dr Duchosal de répondre à des invitations d’universités sud américaines, invitations qu’il ne put accepter, car, comme simple particulier, il n’a pu obtenir à temps les visas de passage. Les délégués français, anglais et d’autres ont franchi les frontières sans Ies Suisses. Ceci nous a amenés à faire une protestation auprès du Chef du Département Politique. Il a bien voulu nous assurer que l’on tiendrait compte de nos justes observations. II n’en reste pas moins que nos Autorités fédérales devraient attacher beaucoup plus d’importance à notre représentation culturelle à l’étranger. Cette question demande à être suivie de très près.

Le Nouvel Institut de Physique a continué à nous occuper et notre collègue M. le professeur Pfaeffli, président de la Commission, a suivi avec grande attention le problème avec les pouvoirs publics. Ce que nous pouvons vous dire, c’est que les plans définitif s de l’architecte M. D. Honegger ont été adoptés après avoir été examinés par une commission d’experts physiciens et approuvés par la Commission du Nouvel Institut de Physique. Le Conseil d’Etat de son côté s’est assuré des terrains au bord de l’Arve et à la rue des Bains sur lesquels s’élèvera le futur bâtiment. Il ne reste plus, et c’est là toutefois le principal, qu’à obtenir les crédits nécessaires pour la construction, crédits qui seront demandés prochainement au Grand Conseil avec ceux nécessités par la reconstruction de l’Hôpital, la création d’un nouvel Institut d’hygiène, l’Aérodrome, etc., constituant un ensemble de grands travaux devant se réaliser sur un certain nombre d’années. Nous formons le vœu que notre futur Institut de Physique, quittant la phase de l’étude des plans, entre maintenant dans celle de la réalisation. Plus on attend, plus le coût de la construction augmente et, enfin, il ne faut pas oublier que le capital important du Fonds que nous gérons (il s’élève actuellement à Fr. 250.000,-) pourrait fort bien prendre une autre destination si les donateurs devaient constater que le but pour lequel il a été constitué pouvait être atteint en temps utile.

Le Fonds général de l’Université ne nous a pas laissé indifférents, cela va sans dire. Nous avons prêté notre concours à l’action que l’Université a entreprise cette année pour augmenter le capital de ce fonds en y intéressant le public genevois. Nous remercions nos membres donateurs qui ont répondu à l’appel de notre Alma Mater et il vous intéressera de savoir que plus de cent mille Francs ont été ainsi recueillis. La souscription reste ouverte. Actuellement le Fonds s’élève à environ Fr. 435.000,-, mais il est encore insuffisant pour répondre à tous les besoins de l’Université, besoins qui ne font qu’augmenter en raison du nombre toujours croissant d’étudiants.

Si l’Université fait appel à nous pour l’aider, suivant nos forces, à surmonter certaines de ses difficultés matérielles, elle ne nous oublie pas non plus chaque fois qu’elle est clans la joie. Elle nous associe avec une extrême amabilité à toutes les manifestations universitaires et nous tenons à remercier ici le Recteur, M. Paul-Edmond Martin et les Doyens des Facultés de l’intérêt bienveillant qu’ils ont, en toutes circonstances, témoigné à la Société Académique. C’est, entre autres, le Dies Academicus, c’est la séance solennelle d’ouverture des cours, principales manifestations où il nous est donné de participer directement à la vie de l’Université.

Cette année, nous fûmes conviés à fêter le 70ème anniversaire de la Faculté de médecine et ce fut l’occasion pour son Doyen, le professeur Bickel, de faire un exposé très captivant sur l’histoire de la Faculté de médecine à Genève et sur les savants qui l’ont le plus brillamment illustrée.

Il y a quelques mois, l’Université a tenu à exprimer au professeur Pfaeffli, au moment où il prenait sa retraite, sa gratitude pour les services éminents qu’il a rendus à l’Institut dentaire. Il fut, vous vous en souvenez, le promoteur de la construction du nouvel Institut de médecine dentaire de Genève, il en fut l’animateur et aussi le professeur. Ce fut une fête émouvante et charmante où chacun, y compris la Société Académique, put apporter son témoignage de reconnaissance et d’admiration envers un des hommes qui, durant sa belle carrière, sut le mieux servir son école, son Université et son pays.

Avant de clore ce rapport, nous vous informons que notre société a fait deux héritages. Mme la Doctoresse Goukowsky a institué la Société Académique sa légataire universelle. Une fois la succession liquidée, le capital servira à la constitution d’un Fonds Ernest Pronier, au profit de la Faculté des lettres.

Mme Jacques Lebedinsky, membre bienfaiteur notre Société, nous a également institués son héritière avec d’autres institutions. Ce ne sera que l’an prochain que nous pourrons vous informer du montant de cet héritage.

Nous sommes très profondément reconnaissants à ceux et celles qui pensent à notre Société et but désintéressé qu’elle poursuit. C’est certainement, un encouragement pour nous et c’est aussi un exemple à suivre.

Mesdames et Messieurs, vous allez entendre rapport de notre trésorier ainsi que celui des contrôleurs des comptes. A ce propos j’ai le très grand regret de vous annoncer que M. Charles Gautier vous donnera son rapport pour la dernière fois, il nous a demandé de le relever de cette charge qui accomplie avec toute Ia compétence, tout le dévouement que vous savez, depuis 1929. Nous ne pouvons que nous incliner devant sa discision, mais nous lui apportons ici I‘expression de notre très vive reconnaissance. M. Charles Gautier a bien mérité de la Société Académique et de l’Université.

Mais, j’ai par contre le plaisir de vous informer que votre Comité a conféré dans sa dernière séance à M. le Dr Henri Audeoud le titre de Membre d’honneur de notre Société. C’est un juste hommage rendu aux services du doyen de notre Comité.

Les membres suivants sont appelés à réélection : MM. Gustave Hentsch, Marc Borgeaud, Alphonse Bernoud, Augustin Lombard, François Pfaeffli, Henri de Ziegler. Pour compléter l’effectif du Comité, nous vous proposons d’élire M. Dr Robert Choisy et M. Jean-Jacques Gautier. Nous remercions nos contrôleurs des comptes MM. Fernand Dominice, Jean-Louis Micheli et Max Rappart de bien vouloir assurer la vérification nos livres.

Au moment où, après trois années de président je vais transmettre en d’autres mains les rênes notre modeste gouvernement, qu’il me soit permis d’adresser à mes collègues du Comité mes remerciements pour l’aide qu’ils m’ont en toute occasion si aimablement consentie.

Mesdames et Messieurs, à plusieurs reprises nous aurions voulu trouver l’occasion de vous réunir, soit dans un repas en commun, soit dans quelque parc de notre campagne genevoise, pour le simple plaisir d’une rencontre amicale sous le signe de la Société Académique; nous n’avons pu exécuter ce projet, C’est pour nous préparer à sa réalisation, que nous souhaitons prochaine, que nous vous avons conviés ce soir à l’Athénée où ses salons accueillants nous permettront de passer quelques moments agréables.

Et l’Université, nous n’en doutons pas, fera l’objet de vos conversations ou de vos pensées, puisque c’est pour elle que nous sommes réunis.

Notre Université, c’est le centre de culture autour duquel nous nous groupons, c’est le bastion des valeurs morales et intellectuelles de la Cité. Notre Université, c’est L’institution genevoise qui exerce la plus grande force attractive et qui est notre meilleure messagère pour propager au loin et avec honneur le renom de Genève. En face des lourdes tâches qui lui incombent, efforçons-nous de rendre son action toujours plus efficace, toujours plus féconde. En travaillant pour elle, nous travaillons pour nous, pour le Pays.